MALADES

Le son de MALADE[S] est mélancolique, progressif, et hypnotique. Inspiré par la techno autant que par le post-rock, le trip-hop, le free jazz ou encore les musiques traditionnelles, le duo mêle machines et instruments live pour créer une musique qui parle au corps et invite à la transe. Le duo est né à Rennes en 2013. Après une 50aine de dates entre 2013 & 2016, un 1er EP auto-produitPLANETE SAUVAGEvoit le jour en Juin 2016. Un 1er album "TOUTE CHOSE VISIBLE" sort en avril 2019 chez Salamah Production.

Goupile et Sauvage se lient d’amitié à l’âge où les cultures musicales se forgent, s’affirment, s’ouvrent (parfois), se cristallisent, s’enferment aussi (trop souvent). Assez de terrains communs et des parcours contrastés, voilà qui sans doute contribue à expliquer comment les deux membres du duo Malade[s] se situent à la distance idéale l’une de l’autre.

Guitariste autodidacte biberonné au post-rock de Mogwaï ou de Slint voire au rock progressif, Tanguy Moaligou officie au sein du groupe Cerf Boiteux qui
s’inscrit dans cette lignée. C’est un passionné d’électronique qui va jusqu’à fabriquer lui-même ses pédales d’effet. 

Louise Goupil quant à elle vient d’un parcours académique classique (piano puis clarinette) dont elle a dérivé pour se frotter aux musiques trad (bretonnes puis klezmer et balkaniques) et à la chanson aux cotés de Camille Hardouin. C’est en autodidacte elle aussi qu’elle se forme au sax tenor mais également à la MAO et au sampling. Notons qu’elle est également chercheuse, s’intéressant depuis sa thèse à l’improvisation libre (ie. sans trame harmonique ou rythmique), et plus généralement à la manière dont on communique avec les sons.

Si Godspeed you! Black Emperor, The Ex, A Silver Mount Zion ou encore James Holden et Modeselektor constituent le terreau culturel commun du duo, c’est pourtant de Chapelier Fou que pourrait se rapprocher le plus la musique de Malade[s], principalement par son attirance assumée pour les logiques complexes et pleines de sens se cachant derrière la réalité, la façade. Le titre introductif qui donne son nom à ce premier album l’exprime bien : Toute Chose Visible et ce sample tiré d’une interview de René Magritte dont l’ombre plane également sur le visuel du disque.

Toutefois, le duo ne revendique pas l’étiquette surréaliste, ni une démarche froide et calculée. Au contraire, pour aller voir au-delà, chercher ce qui se passe derrière la façade, Malade[s] font surtout confiance à leur intuition, laissent place à l’inconscient. Ils ne font d’ailleurs pas mystère de la démarche en partie cathartique que revêt leur création, exprimée dans le nom que s’est choisi le duo, fut-il parfois dur à assumer lorsqu’au détour de leurs nombreuses collaborations et interventions hors d’un cercle strictement musical (danse, théâtre, peinture, « action culturelle ») ils se retrouvent face à de vrais malades. Mais ils parviennent alors à leur faire oublier leur maladie, leur réalité…


C’est bien là l’objet de la transe qui anime chaque titre du duo. Déjà présent sur l’EP qui précéda ce premier album et leur permit de donner une cinquantaine de concerts un peu partout en France et en Europe, Endless Night a beau être l’histoire d’une nuit de solitude et de désespoir, la touche klezmer lui donne cette espèce de force pleine de beauté face à la fatalité.